[M0_1725] : Cardinal de Retz, « Suite vĂ©ritable des Intrigues de la Paix et des nĂ©gociations de Monsieur le Prince Ă  la Cour jusques Ă  prĂ©sent » (1652) / Ă©dition de Myriam Tsimbidy (2010)

Lundi 7 mai 2012
Par
Ce document est la partie 19 de l’Ă©dition des Pamphlets du cardinal de Retz procurĂ©e par Myriam Tsimbidy (Paris, Éditions du Sandre, [2009], p. 176-181, notes p. 394-396) dont nous avions rendu compte en mars 2010 ; publiĂ© ici sur la proposition de Mme Tsimbidy et avec l’accord de son Ă©diteur, en lien avec l’Ă©dition en ligne de la piĂšce dans le corpus RIM (accessible aux membres inscrits), sous la rĂ©fĂ©rence [M0_1725_To_B_6_41] : voir images des pages 1, 3, 4, 5, 6, 7.

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Notice

La Suite vĂ©ritable des Intrigues de la paix a Ă©tĂ© Ă©crite aprĂšs le 19 aoĂ»t comme l’indique l’évocation de la date de la mort du duc de Bouillon et du dĂ©part de Mazarin. (1) Le libelliste poursuit les accusations formulĂ©es dans les Intrigues de la paix et continue Ă  prouver la trahison de CondĂ©. Il se rĂ©vĂšle trĂšs bien informĂ© – ou du moins arrive Ă  en crĂ©er l’impression – en livrant les noms des agents de CondĂ© et de ses fidĂšles pour dĂ©voiler leurs manƓuvres politiques. Si CondĂ© a fait nommer le duc d’OrlĂ©ans Ă  la lieutenance de l’Etat et Beaufort au gouvernement de la ville, c’est pour obtenir du ministre des avantages : « Monsieur le Prince s’imagine [
] que plus il Ă©chauffera les affaires, plus il rendra le cardinal flexible Ă  ses demandes ». Si Mazarin annonce son Ă©loignement, c’est pour laisser croire Ă  CondĂ© que seul le parlement de Pontoise, c’est-Ă -dire les parlementaires fidĂšles au roi, l’aurait influencĂ©. Pour Retz, il s’agit d’un prĂ©texte, d’une « contre-ruse » du ministre, destinĂ©e Ă  prĂ©server les apparences et Ă  ne pas avoir l’air de cĂ©der aux exigences du prince.

La rĂ©ponse est immĂ©diate mais peu efficace. La dĂ©fense de Monsieur le Prince contre le libelle intitulĂ©: la suite des Intrigues de Monsieur le Prince Ă  la cour est publiĂ©e « deux jours aprĂšs ». (2) Sans identifier directement l’auteur de la Suite, elle soupçonne Retz de chercher Ă  discrĂ©diter tant le parti du prince que celui de Mazarin, afin d’en crĂ©er un Ă  sa dĂ©votion. (3)

Un tiers parti ? Ce serait, pour reprendre un terme de la Ligue, celui des « politiques », dĂ©sireux d’éviter les maux de la guerre civile et de contribuer au rĂ©tablissement de l’ordre (non sans en ĂȘtre les bĂ©nĂ©ficiaires). Les dĂ©voilements de la Suite des Intrigues seraient, selon les condĂ©ens, des artifices cachant d’autres manƓuvres. Retz, en janvier 1652, proposait effectivement au duc d’OrlĂ©ans de crĂ©er un tiers parti, mais fin aoĂ»t, les circonstances ont changĂ© : Mazarin a quittĂ© la cour, le parti de CondĂ© est affaibli. Retz commence Ă  songer Ă  se rendre Ă  CompiĂšgne pour demander le retour du roi
 et recevoir la barrette cardinalice, ce qu’il fera le 10 septembre. Comment espĂ©rer vaincre ses adversaires, sinon en tenant le rĂŽle de gardien de la paix.? Il se voudrait l’un de ses principaux acteurs, d’oĂč les conseils prodiguĂ©s aux Parisiens de « secouer le joug de Monsieur le Prince » et « d’empĂȘcher qu’à l’avenir ni le Cardinal Mazarin ni le prince de CondĂ© ne fassent plus d’insulte Ă  la vie, Ă  la fortune et Ă  la libertĂ© de ses Citoyens ».

Suite véritable des Intrigues de la Paix et des négociations de Monsieur le Prince à la Cour jusques à présent (4)

Quelque temps aprĂšs la retraite de Monsieur de Lorraine, (5) le public fut assez persuadĂ© des TraitĂ©s de Monsieur le Prince ; les voyages de Gaucourt n’étaient plus cachĂ©s Ă  personne ; les commerces perpĂ©tuels de Madame de ChĂątillon et de Chavigny n’étaient plus ignorĂ©s ; les intelligences secrĂštes avec le Duc de Bouillon (6) commençaient de paraĂźtre, et il n’y avait plus lieu de douter que l’on eĂ»t laissĂ© dĂ©pĂ©rir l’ArmĂ©e sous l’espĂ©rance des avantages promis par le TraitĂ©. (7)

Monsieur le Duc d’OrlĂ©ans, Ă  l’insu duquel tous ces commerces Ă©taient commencĂ©s, ne douta quasi plus des avis qui lui Ă©taient donnĂ©s de toutes parts sur les nĂ©gociations de Monsieur le Prince. Quelque grands que fussent les efforts que l’on fit lors sur lui, en lui donnant des apprĂ©hensions continuelles, tant sur le mauvais Ă©tat des affaires et le peu de ressource du Parti que sur les sĂ©ditions que l’on excitait journellement dans la Ville, il ne laissa pas de se dĂ©fendre avec vigueur des sollicitations importunes que lui faisaient de toutes parts les Ă©missaires de Monsieur le Prince dont il Ă©tait environnĂ©. L’on peut aisĂ©ment se souvenir qu’il refusa lors gĂ©nĂ©reusement la signature d’un TraitĂ© qui lui fut prĂ©sentĂ© par Monsieur le Prince, parce qu’il le jugea trop dĂ©savantageux au public, et que l’on voulait exiger de lui des assurances sur le retour du Cardinal Mazarin. (8)

Ce refus, qui fut incontinent su Ă  la Cour, y rompit pour quelque temps une partie des mesures de Mr le Prince. Le Cardinal Mazarin, auquel on avait toujours fait espĂ©rer de vaincre Monsieur, ne voulut pas se commettre entiĂšrement Ă  la bonne foi de Monsieur le Prince, nonobstant les assurances que lui donnaient ses NĂ©gociateurs qu’une seconde tentative auprĂšs de son Altesse Royale aurait plus de succĂšs et qu’en tout cas Monsieur le Prince s’engagerait absolument dans les intĂ©rĂȘts de la Cour. Il crut qu’il lui serait plus utile de rĂ©duire le choses dans le point de la nĂ©cessitĂ©, et qu’une entreprise sur les Troupes qui Ă©taient lors postĂ©es Ă  S[aint]-Cloud ayant rĂ©ussi, il trouverait dans l’esprit de Monsieur, avec le secours de Monsieur le Prince, plus de disposition pour les choses qu’il attendait de lui. [p. 4]

Ce fut dans ce dessein qu’on (9) fit construire un Pont de bateaux Ă  Epinay pour y faire passer les Troupes du Roi. Quelques-uns croyaient que Monsieur le Prince pouvait prendre le parti de leur disputer le passage, et qu’en tout cas son ArmĂ©e aurait une retraite plus prompte et plus facile dans le Faubourg S[aint]-Germain que du cĂŽtĂ© de S[aint]-Antoine. Il hasarda nĂ©anmoins, Ă  la vue de l’ArmĂ©e ennemie, de vouloir gagner le poste de Charenton. Je passe en cet endroit les soupçons de ceux qui voyant une dĂ©marche si extraordinaire crurent que Monsieur le Prince avait entrepris cette action de concert avec la Cour, Ă©tant impossible que l’ArmĂ©e opposĂ©e ne lui tombĂąt sur les bras dans sa marche. Ce que fit le lendemain Monsieur le Prince, Ă  la vue de tout Paris, fit bien connaĂźtre qu’il n’avait pas le dessein de sacrifier entiĂšrement ses Troupes, dans l’état incertain oĂč Ă©taient ses affaires. Mais ce qu’il a fait depuis doit assez nous convaincre, qu’il ne considĂ©ra l’action du Faubourg S[aint]-Antoine et ne se prĂ©valut du passage des Troupes dans Paris que pour se rendre plus considĂ©rable Ă  la Cour, et pour y hĂąter par lĂ  l’exĂ©cution des avantages qui lui Ă©taient promis. (10)

Monsieur de Bouillon qui veillait toujours soigneusement aux intĂ©rĂȘts de Monsieur le Prince prit aussi cette occasion pour remontrer au Cardinal de quelle importance il lui Ă©tait d’achever ses affaires avec Monsieur le Prince, sans attendre mĂȘme la signature de Monsieur d’OrlĂ©ans pour son retour. Il l’assure que Monsieur le Prince est autant disposĂ© de sa part qu’il Ă©tait auparavant ce qui s’était passĂ© Ă  la porte S[aint]-Antoine ; il lui dĂ©couvre que Gaucourt est cachĂ© chez lui pour attendre ses rĂ©ponses et les porter Ă  Monsieur le Prince ; mais le cardinal, nonobstant tout ce qu’on lui put dire, ne put abandonner ses premiĂšres rĂ©solutions, et il demeura ferme dans celle qu’il avait prise de ne rien achever sans quelques assurances de la part de son Altesse Royale.

Une des raisons pour lesquelles le Cardinal Mazarin en usa de la sorte Ă©tait l’espĂ©rance que certains petits esprits emportĂ©s et peu connaissant (11) le fonds des affaires lui donnaient de jour Ă  autre d’une rĂ©volution dans la Ville qui lui pourrait ĂȘtre favorable. Monsieur de Bouillon reconnut incontinent, dans les frĂ©quentes conversations qu’il avait avec le Cardinal, le sujet qui l’empĂȘchait de s’abandonner entiĂšrement aux volontĂ©s de Monsieur le Prince, duquel il le fit aussitĂŽt avertir, et lui conseilla de se rendre si absolument maĂźtre de Paris (12) que le Cardinal ne pĂ»t Ă  l’avenir conserver aucune pensĂ©e d’y revenir et de mettre Ă  bout ses desseins que par son crĂ©dit et son aveu. [p. 5]

VoilĂ  ce qui a fait prendre Ă  Monsieur le Prince les rĂ©solutions dont nous avons vu peu aprĂšs les effets si funestes dans l’incendie de l’HĂŽtel de Ville et dans l’égorgement de nos plus illustres Citoyens, (13) dont la mort qui doit ĂȘtre pleurĂ©e Ă  tous les siĂšcles ne se trouve pourtant jusques Ă  prĂ©sent vengĂ©e que par la punition d’un malheureux domestique de Monsieur le Prince, (14) quoiqu’il ait confessĂ© Ă  la potence qu’ils Ă©taient plus de trente, tous conjurĂ©s et de la mĂȘme maison.

AprĂšs cet assassinat, Monsieur le Prince paraissant Ă  la Cour maĂźtre de la libertĂ© publique, il en tira auprĂšs du Cardinal tous les succĂšs que lui et Monsieur de Bouillon s’en Ă©taient imaginĂ©s. Les TraitĂ©s recommencĂšrent avec autant de chaleur que jamais, et parce que Monsieur le Prince avait intĂ©rĂȘt de les rendre un peu plus secrets, quoique le fonds de l’intelligence fĂ»t toujours le mĂȘme, l’on substitue en la place de ceux dont les noms Ă©taient trop connus, le marquis de Mortemart, (15) qui fut alors dĂ©clarĂ© PlĂ©nipotentiaire de Monsieur le Prince.

Le Cardinal promet dĂ©sormais d’ĂȘtre plus facile, parce qu’il croyait Monsieur le Prince maĂźtre absolu de toutes choses. Il avait vu succĂ©der au feu de l’HĂŽtel de ville les pilleries Ă©pouvantables des Troupes de Monsieur le Prince dans les portes de Paris, il avait vu les moissons abattues, les villages dĂ©sertĂ©s, et il ne croyait pas que tous ces dĂ©sordres pussent ĂȘtre soufferts par une ville aussi puissante que Paris, sans qu’elle fĂ»t dans la derniĂšre dĂ©pendance de Monsieur le Prince. S’il juge par cette raison que sa conservation est entiĂšrement en ses mains, il rappelle les idĂ©es de leur premier TraitĂ© et ne pense plus dĂ©sormais que la signature de Monsieur le Duc d’OrlĂ©ans lui soit d’aucune consĂ©quence pour son retour. La seule difficultĂ© qui reste est sur le temps de l’exĂ©cution des conditions particuliĂšres qui avaient Ă©tĂ© accordĂ©es, pour lesquelles Monsieur le Prince ne veut aucune remise, parce qu’il se croit tout puissant, et sur lesquelles le Cardinal ne peut si promptement se rĂ©soudre, parce qu’il a toujours des soupçons trĂšs violents du peu de fidĂ©litĂ© de Monsieur le Prince, croyant assurer beaucoup mieux son retour en diffĂ©rant jusques Ă  ce temps-lĂ  l’exĂ©cution des avantages promis, qu’il sait ĂȘtre le sensible de Monsieur le Prince, qu’en se confiant entiĂšrement Ă  ses paroles.[p. 6]

Pendant l’agitation de ce diffĂ©rend, Monsieur le Prince s’imagine comme la premiĂšre fois que plus il Ă©chauffera les affaires, plus il rendra le cardinal flexible Ă  ses demandes. Dans ce dessein, il fait adroitement proposer Ă  son Altesse Royale la Lieutenance gĂ©nĂ©rale, (16) le changement du Gouvernement de la Ville, (17) et les Taxes sur les Bourgeois, (18) comme une derniĂšre dĂ©marche propre Ă  vaincre, dans l’esprit du Cardinal, tous les obstacles qui lui Ă©taient opposĂ©s. Quoique ces extrĂ©mitĂ©s pussent ĂȘtre utiles, dans le fond, pour l’éloignement du Cardinal, il est aisĂ© de juger qu’elles n’ont pas Ă©tĂ© prises par Monsieur le Prince pour ce dessein, puisque, outre qu’elles n’ont Ă©tĂ© suivies ni soutenues d’aucune exĂ©cution, ce qui Ă©tait assez facile, l’on a bien connu dans le Parlement, lorsque Monsieur le Prince y a pris sa sĂ©ance et que l’on a dĂ©libĂ©rĂ© pour faire le fonds des cinquante mille Ă©cus, qu’il a fait tout [ce qu’il] a pu pour empĂȘcher que ce fonds ne fĂ»t pris par prĂ©fĂ©rence, sa pensĂ©e n’étant pas de hĂąter l’exĂ©cution de l’ArrĂȘt de la tĂȘte Ă  prix, mais seulement de tirer du Cardinal, par la peur et par la force et la considĂ©ration du Parti, les avantages qu’il en espĂšre. (19)

Cette intrigue et cette souplesse de Monsieur le Prince et de ses confidents n’a pas eu mĂȘme succĂšs dans l’esprit du Cardinal que les premiĂšres violences de l’HĂŽtel de Ville. Outre que la mort de Monsieur de Bouillon (20) a donnĂ© quelque changement aux affaires de Monsieur le Prince dans le cabinet, le Cardinal n’a pu se rĂ©soudre de se mettre si absolument entre ses mains, et a toujours bien jugĂ© qu’il y avait peu de sĂ»retĂ© Ă  son retour, s’il ne diffĂ©rait l’exĂ©cution des conditions particuliĂšres dont il Ă©tait demeurĂ© d’accord.

Pour se dĂ©faire donc aucunement de l’empressement des Agents de Monsieur le Prince qui paraissaient ne vouloir achever aucune chose, si ce qui regardait les intĂ©rĂȘts n’avait son effet dĂšs le moment de sa sortie, il s’avise de faire publier tout d’un coup son Ă©loignement, et tĂąche de persuader Ă  Monsieur le Prince qu’il est prĂȘt de faire sa retraite, et mĂȘme sans aucun concert avec lui, feignant d’y avoir Ă©tĂ© portĂ© par les nĂ©gociations de ceux qui tiennent le Parlement Ă  Pontoise. (21)

Cette contre-ruse a admirablement bien rĂ©ussi au Cardinal, et Monsieur le Prince a si fort apprĂ©hendĂ© d’ĂȘtre privĂ© des [p. 7] avantages qu’il espĂšre de lui, que non seulement il n’a plus parlĂ© du temps de l’exĂ©cution des choses qu’on lui a promises, mais mĂȘme il s’est relĂąchĂ© sur aucuns (22) des intĂ©rĂȘts particuliers de ses amis. Quoique pour les contenter, il continue toujours en apparence ses nĂ©gociations publiques par les mĂȘmes voies, il en a depuis huit jours de plus intimes et de plus cachĂ©es. Aiselin (23) est celui qui porte et qui rapporte les paroles de confidence.

Aujourd’hui que le Cardinal s’est Ă©loignĂ©, (24) il ne faut pas douter que Monsieur le Prince et lui ne soient auparavant convenus de toutes choses ; que toutes les difficultĂ©s qui Ă©taient entre eux n’aient Ă©tĂ© levĂ©es ; que Monsieur le Prince n’ait consenti d’attendre jusques Ă  son retour l’exĂ©cution des avantages qui lui ont Ă©tĂ© accordĂ©s conformĂ©ment Ă  leur premier TraitĂ©, qui ne recevra aucun changement, si ce n’est que Monsieur le Prince ait oubliĂ© depuis ce temps les services considĂ©rables qui lui ont Ă©tĂ© rendus par aucuns (25) de ceux qui y sont nommĂ©s. Je ne sais pas si Monsieur de Chavigny pourrait ĂȘtre de ce nombre ; mais je sais qu’il a fait un voyage Ă  la Cour, et qu’il a ses Agents sĂ©parĂ©s, peut-ĂȘtre pour se distinguer du reste de la cabale, et peut-ĂȘtre aussi pour ajuster les conditions du mariage de son fils avec l’une des niĂšces du Cardinal Mazarin. (26) Un EcclĂ©siastique de Paris qui a Ă©tĂ© Ă  la Cour en dirait des nouvelles, s’il n’était pas obligĂ© de garder le secret de la Confession.

VoilĂ  dans la vĂ©ritĂ© jusques Ă  ce jour ce qui s’est passĂ© Ă  la Cour par les intelligences de Monsieur le Prince. On ne peut pas dire Ă  mon sens, qu’il soit cause de l’éloignement du Cardinal Mazarin, puisque ce n’est que pour le reprĂ©senter au Peuple plus triomphant qu’auparavant, et que pour en tirer ses avantages. Si Paris est donc sage, il jouira paisiblement de la Paix, il prendra l’occasion de secouer le joug de Monsieur le Prince, il tĂąchera de se conserver Ă  l’avenir dans une neutralitĂ© que toutes les grandes Villes ont si judicieusement affectĂ©e, et il renouvellera ses forces pour empĂȘcher qu’à l’avenir ni le Cardinal Mazarin ni le prince de CondĂ© ne fassent plus d’insulte Ă  la vie, Ă  la fortune et Ă  la libertĂ© de ses Citoyens. (27)

FIN

Notes____________________
  1. Cf. ce pamphlet p. 6 et 7. []
  2. La défense de Monsieur le Prince contre le libelle intitulé : la Suite des Intrigues de Monsieur le Prince à la cour, s.n., 1652, Paris, Jacques le Gentil, 8 p., [M0_986], Mazarine : cote M 12762. []
  3. Ibid., p. 8. []
  4. Ce libelle fait suite du pamphlet intitulé Les Intrigues de la paix et les négociations faites à la Cour par les amis de monsieur le Prince, depuis sa retraite en Guyenne jusques à présent, s.l., 1652, [M0_1725] Mazarine : cote M 13101 (cf. Pamphlets, n° 15, pp. 139-146). []
  5. Négociée avec la Cour, la retraite de Charles IV, duc de Lorraine eut lieu le 16 juin 1652. []
  6. FrĂ©dĂ©ric-Maurice de La Tour d’Auvergne (1605-1652), duc de Bouillon, qui avait embrassĂ© le parti des princes lors de leur prison avant de mener une politique personnelle qui le conduit aux portes du pouvoir Ă  la veille de sa mort. []
  7. Les condĂ©ens estiment au contraire que ce raisonnement ne tient pas : « pourquoi laisser dĂ©pĂ©rir l’armĂ©e qui au contraire donnait plus de crĂ©dit Ă  Monsieur le Prince et d’autoritĂ© pour obliger le Mazarin Ă  l’exĂ©cution d’icelui ? » (Les voies de la paix, Paris, 1652, [M0_4052], 24 p., Mazarine : cote M 12411, p. 7). []
  8. Le 12 aoĂ»t 1652, le roi dĂ©clare qu’il consent au dĂ©part de Mazarin. Le 19, le ministre se retire Ă  Bouillon. Ces « assurances sur le retour » laissent supposer que Mazarin n’est pas encore parti et que les nĂ©gociations sont simplement engagĂ©es. []
  9. Turenne. []
  10. Le 2 juillet 1652, Mademoiselle, la fille du duc d’OrlĂ©ans, avait fait ouvrir la porte Saint-Antoine Ă  l’armĂ©e de CondĂ© et tirer les canons contre les troupes royales commandĂ©es par le marĂ©chal de La FertĂ©. Les voies de la paix contestent l’affirmation retzienne, « parce qu’il aurait fallu que Monsieur le Prince, qui n’avait qu’une poignĂ©e de gens contre une grande armĂ©e bien aguerrie, eĂ»t Ă©tĂ© invulnĂ©rable, et eĂ»t eu des relations du gain de la bataille, pour affronter tant de pĂ©rils et la mort mĂȘme, et en faire un sujet de fortune, comme si c’était un Argoulet et un soldat d’aventure » (Les voies de la paix, Paris, 1652, [M0_4052], 24 p., Mazarine : cote M 12411, p. 11). []
  11. Connaissants. []
  12. Retz donne ces mĂȘmes informations dans ses MĂ©moires : en prĂ©cisant qu’il ne se rappelle pas si CondĂ© lui a confirmĂ© les propos de Bouillon qui lui aurait dit : « la cour ne songerait jamais sĂ©rieusement et de bonne foi Ă  se raccommoder avec lui, jusques Ă  ce qu’elle connĂ»t clairement qu’il fĂ»t effectivement maĂźtre de Paris » (MĂ©moires, p. 850). []
  13. Le 4 juillet. []
  14. Un officier de cuisine selon Conrart (Conrart, MĂ©moires, Collection des MĂ©moires relatifs Ă  l’histoire de France, Petitot Ă©d., Paris, 1825, t. XLVIII, p. 135). []
  15. Gabriel de Rochechouart (1600-1675), marquis de Mortemart. Louis XIV l’avait créé duc et pair en dĂ©cembre 1650 mais il porte toujours le titre de marquis en 1652 parce que les troubles de la Fronde empĂȘchaient le parlement d’enregistrer les lettres d’érection du duchĂ© ; elles ne le seront qu’en 1663 (Biographie Universelle, op. cit.). []
  16. Alors que Retz reproche Ă  CondĂ© d’avoir proposĂ© au duc d’OrlĂ©ans cette lieutenance, les condĂ©ens accusent inversement Retz d’avoir donnĂ© un conseil similaire au duc d’OrlĂ©ans. []
  17. Le 6 juillet, le duc de Beaufort est nommĂ© Gouverneur de Paris Ă  la place du marĂ©chal de l’Hospital. []
  18. Le 29 juillet, une contribution de 800.000 livres est demandée aux Parisiens. []
  19. Les 20 et 24 juillet 1652, le parlement rĂ©itĂšre l’arrĂȘt du 29 dĂ©cembre 1651 : la tĂȘte du ministre est mise Ă  prix pour cinquante mille Ă©cus, le fonds rĂ©sultant de la vente de ses meubles (MĂ©moires, p. 847). []
  20. Le 9 août 1652. []
  21. Louis XIV vient d’ordonner le 31 juillet le transfert du parlement de Paris Ă  Pontoise, opposant ainsi les parlementaires fidĂšles aux factieux. Il siĂšge depuis le 7 aoĂ»t 1652 sous la prĂ©sidence de Mathieu MolĂ©. DĂšs la premiĂšre sĂ©ance, le parlement demande au roi le dĂ©part de Mazarin (Cf. Michel Pernot, La Fronde, op.cit., pp. 311-312). []
  22. Quelques-uns. []
  23. Nous n’avons pu identifier ce personnage avec certitude, dont le nom est mentionnĂ© sans titre d’honneur. Il pourrait toutefois s’agir de Pierre Yvelin, mĂ©decin du roi, qui servira ensuite la duchesse d’OrlĂ©ans et a inspirĂ© Ă  MoliĂšre le personnage de Filerin, dans l’Amour mĂ©decin, ou du Incelin, dont la comĂ©die Ă  machines est annulĂ©e en 1648 par l’effet de la jalousie de Mazarin contre le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral qui le protĂšge (Journal d’Olivier LefĂšvre d’Ormesson, ChĂ©ruel Ă©dit., op. cit., t. I, p. 211. []
  24. Le 19 août, Mazarin quitte la cour pour se rendre à Bouillon. []
  25. Quelques-uns. []
  26. DĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans Les Contretemps du sieur Chavigny (n° 13, p. 8) et les Intrigues de la paix (n° 15, p. 11), ce mariage entre le fils de Chavigny et une des niĂšces du cardinal n’a jamais eu lieu. []
  27. Son auteur en appelle ici au tiers parti ainsi que le relĂšve la rĂ©ponse condĂ©enne : « Enfin, si nous croyons l’auteur de la suite des intrigues (quoi qu’il se dĂ©clare ĂȘtre homme trĂšs pacifique) la France n’est pas encore assez divisĂ©e, c’est peu que de deux partis pour la ruiner, il en faut un tiers qui sera nommĂ© celui des neutres, duquel il exhorte la ville de Paris Ă  se venger Ă  l’exemple, dit-il, des meilleures Villes de France, tant la peur que Monsieur le Prince, ou le cardinal lui fassent porter la peine de ses neutralitĂ©s criminelles, et de ses fourbes ordinaires » (La dĂ©fense de Monsieur le Prince
, op. cit., p. 8). Une autre mazarinade considĂšre que « la fin de ce malheureux Ă©crit » est « une semence Ă©ternelle de guerre » puisque le libelliste en dĂ©clarant le salut dĂ©pendant « de l’union de tous et non d’une neutralitĂ© » invite Ă  se battre contre Mazarin (Les voies de la paix, op. cit., pp. 9-11). []

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