[M0_1725] : Cardinal de Retz, « Suite vĂ©ritable des Intrigues de la Paix et des nĂ©gociations de Monsieur le Prince Ă la Cour jusques Ă prĂ©sent » (1652) / Ă©dition de Myriam Tsimbidy (2010)
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Notice
La Suite vĂ©ritable des Intrigues de la paix a Ă©tĂ© Ă©crite aprĂšs le 19 aoĂ»t comme lâindique lâĂ©vocation de la date de la mort du duc de Bouillon et du dĂ©part de Mazarin. (1) Le libelliste poursuit les accusations formulĂ©es dans les Intrigues de la paix et continue Ă prouver la trahison de CondĂ©. Il se rĂ©vĂšle trĂšs bien informĂ© – ou du moins arrive Ă en crĂ©er lâimpression – en livrant les noms des agents de CondĂ© et de ses fidĂšles pour dĂ©voiler leurs manĆuvres politiques. Si CondĂ© a fait nommer le duc d’OrlĂ©ans Ă la lieutenance de lâEtat et Beaufort au gouvernement de la ville, câest pour obtenir du ministre des avantages : « Monsieur le Prince sâimagine [âŠ] que plus il Ă©chauffera les affaires, plus il rendra le cardinal flexible Ă ses demandes ». Si Mazarin annonce son Ă©loignement, câest pour laisser croire Ă CondĂ© que seul le parlement de Pontoise, câest-Ă -dire les parlementaires fidĂšles au roi, lâaurait influencĂ©. Pour Retz, il sâagit dâun prĂ©texte, dâune « contre-ruse » du ministre, destinĂ©e Ă prĂ©server les apparences et Ă ne pas avoir lâair de cĂ©der aux exigences du prince.
La rĂ©ponse est immĂ©diate mais peu efficace. La dĂ©fense de Monsieur le Prince contre le libelle intitulĂ©: la suite des Intrigues de Monsieur le Prince Ă la cour est publiĂ©e « deux jours aprĂšs ». (2) Sans identifier directement lâauteur de la Suite, elle soupçonne Retz de chercher Ă discrĂ©diter tant le parti du prince que celui de Mazarin, afin dâen crĂ©er un Ă sa dĂ©votion. (3)
Un tiers parti ? Ce serait, pour reprendre un terme de la Ligue, celui des « politiques », dĂ©sireux dâĂ©viter les maux de la guerre civile et de contribuer au rĂ©tablissement de lâordre (non sans en ĂȘtre les bĂ©nĂ©ficiaires). Les dĂ©voilements de la Suite des Intrigues seraient, selon les condĂ©ens, des artifices cachant dâautres manĆuvres. Retz, en janvier 1652, proposait effectivement au duc dâOrlĂ©ans de crĂ©er un tiers parti, mais fin aoĂ»t, les circonstances ont changĂ© : Mazarin a quittĂ© la cour, le parti de CondĂ© est affaibli. Retz commence Ă songer Ă se rendre Ă CompiĂšgne pour demander le retour du roi⊠et recevoir la barrette cardinalice, ce quâil fera le 10 septembre. Comment espĂ©rer vaincre ses adversaires, sinon en tenant le rĂŽle de gardien de la paix.? Il se voudrait lâun de ses principaux acteurs, dâoĂč les conseils prodiguĂ©s aux Parisiens de « secouer le joug de Monsieur le Prince » et « dâempĂȘcher quâĂ lâavenir ni le Cardinal Mazarin ni le prince de CondĂ© ne fassent plus dâinsulte Ă la vie, Ă la fortune et Ă la libertĂ© de ses Citoyens ».
Suite véritable des Intrigues de la Paix et des négociations de Monsieur le Prince à la Cour jusques à présent (4)
Quelque temps aprĂšs la retraite de Monsieur de Lorraine, (5) le public fut assez persuadĂ© des TraitĂ©s de Monsieur le Prince ; les voyages de Gaucourt nâĂ©taient plus cachĂ©s Ă personne ; les commerces perpĂ©tuels de Madame de ChĂątillon et de Chavigny nâĂ©taient plus ignorĂ©s ; les intelligences secrĂštes avec le Duc de Bouillon (6) commençaient de paraĂźtre, et il nây avait plus lieu de douter que lâon eĂ»t laissĂ© dĂ©pĂ©rir lâArmĂ©e sous lâespĂ©rance des avantages promis par le TraitĂ©. (7)
Monsieur le Duc d’OrlĂ©ans, Ă lâinsu duquel tous ces commerces Ă©taient commencĂ©s, ne douta quasi plus des avis qui lui Ă©taient donnĂ©s de toutes parts sur les nĂ©gociations de Monsieur le Prince. Quelque grands que fussent les efforts que lâon fit lors sur lui, en lui donnant des apprĂ©hensions continuelles, tant sur le mauvais Ă©tat des affaires et le peu de ressource du Parti que sur les sĂ©ditions que lâon excitait journellement dans la Ville, il ne laissa pas de se dĂ©fendre avec vigueur des sollicitations importunes que lui faisaient de toutes parts les Ă©missaires de Monsieur le Prince dont il Ă©tait environnĂ©. Lâon peut aisĂ©ment se souvenir quâil refusa lors gĂ©nĂ©reusement la signature dâun TraitĂ© qui lui fut prĂ©sentĂ© par Monsieur le Prince, parce quâil le jugea trop dĂ©savantageux au public, et que lâon voulait exiger de lui des assurances sur le retour du Cardinal Mazarin. (8)
Ce refus, qui fut incontinent su Ă la Cour, y rompit pour quelque temps une partie des mesures de Mr le Prince. Le Cardinal Mazarin, auquel on avait toujours fait espĂ©rer de vaincre Monsieur, ne voulut pas se commettre entiĂšrement Ă la bonne foi de Monsieur le Prince, nonobstant les assurances que lui donnaient ses NĂ©gociateurs quâune seconde tentative auprĂšs de son Altesse Royale aurait plus de succĂšs et quâen tout cas Monsieur le Prince sâengagerait absolument dans les intĂ©rĂȘts de la Cour. Il crut quâil lui serait plus utile de rĂ©duire le choses dans le point de la nĂ©cessitĂ©, et quâune entreprise sur les Troupes qui Ă©taient lors postĂ©es Ă S[aint]-Cloud ayant rĂ©ussi, il trouverait dans lâesprit de Monsieur, avec le secours de Monsieur le Prince, plus de disposition pour les choses quâil attendait de lui. [p. 4]
Ce fut dans ce dessein quâon (9) fit construire un Pont de bateaux Ă Epinay pour y faire passer les Troupes du Roi. Quelques-uns croyaient que Monsieur le Prince pouvait prendre le parti de leur disputer le passage, et quâen tout cas son ArmĂ©e aurait une retraite plus prompte et plus facile dans le Faubourg S[aint]-Germain que du cĂŽtĂ© de S[aint]-Antoine. Il hasarda nĂ©anmoins, Ă la vue de lâArmĂ©e ennemie, de vouloir gagner le poste de Charenton. Je passe en cet endroit les soupçons de ceux qui voyant une dĂ©marche si extraordinaire crurent que Monsieur le Prince avait entrepris cette action de concert avec la Cour, Ă©tant impossible que lâArmĂ©e opposĂ©e ne lui tombĂąt sur les bras dans sa marche. Ce que fit le lendemain Monsieur le Prince, Ă la vue de tout Paris, fit bien connaĂźtre quâil nâavait pas le dessein de sacrifier entiĂšrement ses Troupes, dans lâĂ©tat incertain oĂč Ă©taient ses affaires. Mais ce quâil a fait depuis doit assez nous convaincre, quâil ne considĂ©ra lâaction du Faubourg S[aint]-Antoine et ne se prĂ©valut du passage des Troupes dans Paris que pour se rendre plus considĂ©rable Ă la Cour, et pour y hĂąter par lĂ lâexĂ©cution des avantages qui lui Ă©taient promis. (10)
Monsieur de Bouillon qui veillait toujours soigneusement aux intĂ©rĂȘts de Monsieur le Prince prit aussi cette occasion pour remontrer au Cardinal de quelle importance il lui Ă©tait dâachever ses affaires avec Monsieur le Prince, sans attendre mĂȘme la signature de Monsieur d’OrlĂ©ans pour son retour. Il lâassure que Monsieur le Prince est autant disposĂ© de sa part quâil Ă©tait auparavant ce qui sâĂ©tait passĂ© Ă la porte S[aint]-Antoine ; il lui dĂ©couvre que Gaucourt est cachĂ© chez lui pour attendre ses rĂ©ponses et les porter Ă Monsieur le Prince ; mais le cardinal, nonobstant tout ce quâon lui put dire, ne put abandonner ses premiĂšres rĂ©solutions, et il demeura ferme dans celle quâil avait prise de ne rien achever sans quelques assurances de la part de son Altesse Royale.
Une des raisons pour lesquelles le Cardinal Mazarin en usa de la sorte Ă©tait lâespĂ©rance que certains petits esprits emportĂ©s et peu connaissant (11) le fonds des affaires lui donnaient de jour Ă autre dâune rĂ©volution dans la Ville qui lui pourrait ĂȘtre favorable. Monsieur de Bouillon reconnut incontinent, dans les frĂ©quentes conversations quâil avait avec le Cardinal, le sujet qui lâempĂȘchait de sâabandonner entiĂšrement aux volontĂ©s de Monsieur le Prince, duquel il le fit aussitĂŽt avertir, et lui conseilla de se rendre si absolument maĂźtre de Paris (12) que le Cardinal ne pĂ»t Ă lâavenir conserver aucune pensĂ©e dây revenir et de mettre Ă bout ses desseins que par son crĂ©dit et son aveu. [p. 5]
VoilĂ ce qui a fait prendre Ă Monsieur le Prince les rĂ©solutions dont nous avons vu peu aprĂšs les effets si funestes dans lâincendie de lâHĂŽtel de Ville et dans lâĂ©gorgement de nos plus illustres Citoyens, (13) dont la mort qui doit ĂȘtre pleurĂ©e Ă tous les siĂšcles ne se trouve pourtant jusques Ă prĂ©sent vengĂ©e que par la punition dâun malheureux domestique de Monsieur le Prince, (14) quoiquâil ait confessĂ© Ă la potence quâils Ă©taient plus de trente, tous conjurĂ©s et de la mĂȘme maison.
AprĂšs cet assassinat, Monsieur le Prince paraissant Ă la Cour maĂźtre de la libertĂ© publique, il en tira auprĂšs du Cardinal tous les succĂšs que lui et Monsieur de Bouillon sâen Ă©taient imaginĂ©s. Les TraitĂ©s recommencĂšrent avec autant de chaleur que jamais, et parce que Monsieur le Prince avait intĂ©rĂȘt de les rendre un peu plus secrets, quoique le fonds de lâintelligence fĂ»t toujours le mĂȘme, lâon substitue en la place de ceux dont les noms Ă©taient trop connus, le marquis de Mortemart, (15) qui fut alors dĂ©clarĂ© PlĂ©nipotentiaire de Monsieur le Prince.
Le Cardinal promet dĂ©sormais dâĂȘtre plus facile, parce quâil croyait Monsieur le Prince maĂźtre absolu de toutes choses. Il avait vu succĂ©der au feu de lâHĂŽtel de ville les pilleries Ă©pouvantables des Troupes de Monsieur le Prince dans les portes de Paris, il avait vu les moissons abattues, les villages dĂ©sertĂ©s, et il ne croyait pas que tous ces dĂ©sordres pussent ĂȘtre soufferts par une ville aussi puissante que Paris, sans quâelle fĂ»t dans la derniĂšre dĂ©pendance de Monsieur le Prince. Sâil juge par cette raison que sa conservation est entiĂšrement en ses mains, il rappelle les idĂ©es de leur premier TraitĂ© et ne pense plus dĂ©sormais que la signature de Monsieur le Duc d’OrlĂ©ans lui soit dâaucune consĂ©quence pour son retour. La seule difficultĂ© qui reste est sur le temps de lâexĂ©cution des conditions particuliĂšres qui avaient Ă©tĂ© accordĂ©es, pour lesquelles Monsieur le Prince ne veut aucune remise, parce quâil se croit tout puissant, et sur lesquelles le Cardinal ne peut si promptement se rĂ©soudre, parce quâil a toujours des soupçons trĂšs violents du peu de fidĂ©litĂ© de Monsieur le Prince, croyant assurer beaucoup mieux son retour en diffĂ©rant jusques Ă ce temps-lĂ lâexĂ©cution des avantages promis, quâil sait ĂȘtre le sensible de Monsieur le Prince, quâen se confiant entiĂšrement Ă ses paroles.[p. 6]
Pendant lâagitation de ce diffĂ©rend, Monsieur le Prince sâimagine comme la premiĂšre fois que plus il Ă©chauffera les affaires, plus il rendra le cardinal flexible Ă ses demandes. Dans ce dessein, il fait adroitement proposer Ă son Altesse Royale la Lieutenance gĂ©nĂ©rale, (16) le changement du Gouvernement de la Ville, (17) et les Taxes sur les Bourgeois, (18) comme une derniĂšre dĂ©marche propre Ă vaincre, dans lâesprit du Cardinal, tous les obstacles qui lui Ă©taient opposĂ©s. Quoique ces extrĂ©mitĂ©s pussent ĂȘtre utiles, dans le fond, pour lâĂ©loignement du Cardinal, il est aisĂ© de juger quâelles nâont pas Ă©tĂ© prises par Monsieur le Prince pour ce dessein, puisque, outre quâelles nâont Ă©tĂ© suivies ni soutenues dâaucune exĂ©cution, ce qui Ă©tait assez facile, lâon a bien connu dans le Parlement, lorsque Monsieur le Prince y a pris sa sĂ©ance et que lâon a dĂ©libĂ©rĂ© pour faire le fonds des cinquante mille Ă©cus, quâil a fait tout [ce quâil] a pu pour empĂȘcher que ce fonds ne fĂ»t pris par prĂ©fĂ©rence, sa pensĂ©e nâĂ©tant pas de hĂąter lâexĂ©cution de lâArrĂȘt de la tĂȘte Ă prix, mais seulement de tirer du Cardinal, par la peur et par la force et la considĂ©ration du Parti, les avantages quâil en espĂšre. (19)
Cette intrigue et cette souplesse de Monsieur le Prince et de ses confidents nâa pas eu mĂȘme succĂšs dans lâesprit du Cardinal que les premiĂšres violences de lâHĂŽtel de Ville. Outre que la mort de Monsieur de Bouillon (20) a donnĂ© quelque changement aux affaires de Monsieur le Prince dans le cabinet, le Cardinal nâa pu se rĂ©soudre de se mettre si absolument entre ses mains, et a toujours bien jugĂ© quâil y avait peu de sĂ»retĂ© Ă son retour, sâil ne diffĂ©rait lâexĂ©cution des conditions particuliĂšres dont il Ă©tait demeurĂ© dâaccord.
Pour se dĂ©faire donc aucunement de lâempressement des Agents de Monsieur le Prince qui paraissaient ne vouloir achever aucune chose, si ce qui regardait les intĂ©rĂȘts nâavait son effet dĂšs le moment de sa sortie, il sâavise de faire publier tout dâun coup son Ă©loignement, et tĂąche de persuader Ă Monsieur le Prince quâil est prĂȘt de faire sa retraite, et mĂȘme sans aucun concert avec lui, feignant dây avoir Ă©tĂ© portĂ© par les nĂ©gociations de ceux qui tiennent le Parlement Ă Pontoise. (21)
Cette contre-ruse a admirablement bien rĂ©ussi au Cardinal, et Monsieur le Prince a si fort apprĂ©hendĂ© dâĂȘtre privĂ© des [p. 7] avantages qu’il espĂšre de lui, que non seulement il nâa plus parlĂ© du temps de lâexĂ©cution des choses qu’on lui a promises, mais mĂȘme il sâest relĂąchĂ© sur aucuns (22) des intĂ©rĂȘts particuliers de ses amis. Quoique pour les contenter, il continue toujours en apparence ses nĂ©gociations publiques par les mĂȘmes voies, il en a depuis huit jours de plus intimes et de plus cachĂ©es. Aiselin (23) est celui qui porte et qui rapporte les paroles de confidence.
Aujourd’hui que le Cardinal sâest Ă©loignĂ©, (24) il ne faut pas douter que Monsieur le Prince et lui ne soient auparavant convenus de toutes choses ; que toutes les difficultĂ©s qui Ă©taient entre eux nâaient Ă©tĂ© levĂ©es ; que Monsieur le Prince nâait consenti dâattendre jusques Ă son retour lâexĂ©cution des avantages qui lui ont Ă©tĂ© accordĂ©s conformĂ©ment Ă leur premier TraitĂ©, qui ne recevra aucun changement, si ce nâest que Monsieur le Prince ait oubliĂ© depuis ce temps les services considĂ©rables qui lui ont Ă©tĂ© rendus par aucuns (25) de ceux qui y sont nommĂ©s. Je ne sais pas si Monsieur de Chavigny pourrait ĂȘtre de ce nombre ; mais je sais quâil a fait un voyage Ă la Cour, et quâil a ses Agents sĂ©parĂ©s, peut-ĂȘtre pour se distinguer du reste de la cabale, et peut-ĂȘtre aussi pour ajuster les conditions du mariage de son fils avec lâune des niĂšces du Cardinal Mazarin. (26) Un EcclĂ©siastique de Paris qui a Ă©tĂ© Ă la Cour en dirait des nouvelles, sâil nâĂ©tait pas obligĂ© de garder le secret de la Confession.
VoilĂ dans la vĂ©ritĂ© jusques Ă ce jour ce qui sâest passĂ© Ă la Cour par les intelligences de Monsieur le Prince. On ne peut pas dire Ă mon sens, quâil soit cause de lâĂ©loignement du Cardinal Mazarin, puisque ce nâest que pour le reprĂ©senter au Peuple plus triomphant quâauparavant, et que pour en tirer ses avantages. Si Paris est donc sage, il jouira paisiblement de la Paix, il prendra lâoccasion de secouer le joug de Monsieur le Prince, il tĂąchera de se conserver Ă lâavenir dans une neutralitĂ© que toutes les grandes Villes ont si judicieusement affectĂ©e, et il renouvellera ses forces pour empĂȘcher quâĂ lâavenir ni le Cardinal Mazarin ni le prince de CondĂ© ne fassent plus dâinsulte Ă la vie, Ă la fortune et Ă la libertĂ© de ses Citoyens. (27)
FIN
Notes____________________- Cf. ce pamphlet p. 6 et 7. [↩]
- La dĂ©fense de Monsieur le Prince contre le libelle intitulĂ© : la Suite des Intrigues de Monsieur le Prince Ă la cour, s.n., 1652, Paris, Jacques le Gentil, 8 p., [M0_986], Mazarine : cote M 12762. [↩]
- Ibid., p. 8. [↩]
- Ce libelle fait suite du pamphlet intitulĂ© Les Intrigues de la paix et les nĂ©gociations faites Ă la Cour par les amis de monsieur le Prince, depuis sa retraite en Guyenne jusques Ă prĂ©sent, s.l., 1652, [M0_1725] Mazarine : cote M 13101 (cf. Pamphlets, n° 15, pp. 139-146). [↩]
- NĂ©gociĂ©e avec la Cour, la retraite de Charles IV, duc de Lorraine eut lieu le 16 juin 1652. [↩]
- FrĂ©dĂ©ric-Maurice de La Tour dâAuvergne (1605-1652), duc de Bouillon, qui avait embrassĂ© le parti des princes lors de leur prison avant de mener une politique personnelle qui le conduit aux portes du pouvoir Ă la veille de sa mort. [↩]
- Les condĂ©ens estiment au contraire que ce raisonnement ne tient pas : « pourquoi laisser dĂ©pĂ©rir lâarmĂ©e qui au contraire donnait plus de crĂ©dit Ă Monsieur le Prince et dâautoritĂ© pour obliger le Mazarin Ă lâexĂ©cution dâicelui ? » (Les voies de la paix, Paris, 1652, [M0_4052], 24 p., Mazarine : cote M 12411, p. 7). [↩]
- Le 12 aoĂ»t 1652, le roi dĂ©clare quâil consent au dĂ©part de Mazarin. Le 19, le ministre se retire Ă Bouillon. Ces « assurances sur le retour » laissent supposer que Mazarin nâest pas encore parti et que les nĂ©gociations sont simplement engagĂ©es. [↩]
- Turenne. [↩]
- Le 2 juillet 1652, Mademoiselle, la fille du duc dâOrlĂ©ans, avait fait ouvrir la porte Saint-Antoine Ă lâarmĂ©e de CondĂ© et tirer les canons contre les troupes royales commandĂ©es par le marĂ©chal de La FertĂ©. Les voies de la paix contestent lâaffirmation retzienne, « parce qu’il aurait fallu que Monsieur le Prince, qui nâavait quâune poignĂ©e de gens contre une grande armĂ©e bien aguerrie, eĂ»t Ă©tĂ© invulnĂ©rable, et eĂ»t eu des relations du gain de la bataille, pour affronter tant de pĂ©rils et la mort mĂȘme, et en faire un sujet de fortune, comme si câĂ©tait un Argoulet et un soldat dâaventure » (Les voies de la paix, Paris, 1652, [M0_4052], 24 p., Mazarine : cote M 12411, p. 11). [↩]
- Connaissants. [↩]
- Retz donne ces mĂȘmes informations dans ses MĂ©moires : en prĂ©cisant quâil ne se rappelle pas si CondĂ© lui a confirmĂ© les propos de Bouillon qui lui aurait dit : « la cour ne songerait jamais sĂ©rieusement et de bonne foi Ă se raccommoder avec lui, jusques Ă ce qu’elle connĂ»t clairement qu’il fĂ»t effectivement maĂźtre de Paris » (MĂ©moires, p. 850). [↩]
- Le 4 juillet. [↩]
- Un officier de cuisine selon Conrart (Conrart, MĂ©moires, Collection des MĂ©moires relatifs Ă lâhistoire de France, Petitot Ă©d., Paris, 1825, t. XLVIII, p. 135). [↩]
- Gabriel de Rochechouart (1600-1675), marquis de Mortemart. Louis XIV lâavait créé duc et pair en dĂ©cembre 1650 mais il porte toujours le titre de marquis en 1652 parce que les troubles de la Fronde empĂȘchaient le parlement dâenregistrer les lettres dâĂ©rection du duchĂ© ; elles ne le seront quâen 1663 (Biographie Universelle, op. cit.). [↩]
- Alors que Retz reproche Ă CondĂ© dâavoir proposĂ© au duc dâOrlĂ©ans cette lieutenance, les condĂ©ens accusent inversement Retz dâavoir donnĂ© un conseil similaire au duc dâOrlĂ©ans. [↩]
- Le 6 juillet, le duc de Beaufort est nommĂ© Gouverneur de Paris Ă la place du marĂ©chal de lâHospital. [↩]
- Le 29 juillet, une contribution de 800.000 livres est demandĂ©e aux Parisiens. [↩]
- Les 20 et 24 juillet 1652, le parlement rĂ©itĂšre lâarrĂȘt du 29 dĂ©cembre 1651 : la tĂȘte du ministre est mise Ă prix pour cinquante mille Ă©cus, le fonds rĂ©sultant de la vente de ses meubles (MĂ©moires, p. 847). [↩]
- Le 9 aoĂ»t 1652. [↩]
- Louis XIV vient dâordonner le 31 juillet le transfert du parlement de Paris Ă Pontoise, opposant ainsi les parlementaires fidĂšles aux factieux. Il siĂšge depuis le 7 aoĂ»t 1652 sous la prĂ©sidence de Mathieu MolĂ©. DĂšs la premiĂšre sĂ©ance, le parlement demande au roi le dĂ©part de Mazarin (Cf. Michel Pernot, La Fronde, op.cit., pp. 311-312). [↩]
- Quelques-uns. [↩]
- Nous nâavons pu identifier ce personnage avec certitude, dont le nom est mentionnĂ© sans titre dâhonneur. Il pourrait toutefois sâagir de Pierre Yvelin, mĂ©decin du roi, qui servira ensuite la duchesse dâOrlĂ©ans et a inspirĂ© Ă MoliĂšre le personnage de Filerin, dans lâAmour mĂ©decin, ou du Incelin, dont la comĂ©die Ă machines est annulĂ©e en 1648 par lâeffet de la jalousie de Mazarin contre le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral qui le protĂšge (Journal dâOlivier LefĂšvre dâOrmesson, ChĂ©ruel Ă©dit., op. cit., t. I, p. 211. [↩]
- Le 19 aoĂ»t, Mazarin quitte la cour pour se rendre Ă Bouillon. [↩]
- Quelques-uns. [↩]
- DĂ©jĂ Ă©voquĂ© dans Les Contretemps du sieur Chavigny (n° 13, p. 8) et les Intrigues de la paix (n° 15, p. 11), ce mariage entre le fils de Chavigny et une des niĂšces du cardinal nâa jamais eu lieu. [↩]
- Son auteur en appelle ici au tiers parti ainsi que le relĂšve la rĂ©ponse condĂ©enne : « Enfin, si nous croyons lâauteur de la suite des intrigues (quoi quâil se dĂ©clare ĂȘtre homme trĂšs pacifique) la France nâest pas encore assez divisĂ©e, câest peu que de deux partis pour la ruiner, il en faut un tiers qui sera nommĂ© celui des neutres, duquel il exhorte la ville de Paris Ă se venger Ă lâexemple, dit-il, des meilleures Villes de France, tant la peur que Monsieur le Prince, ou le cardinal lui fassent porter la peine de ses neutralitĂ©s criminelles, et de ses fourbes ordinaires » (La dĂ©fense de Monsieur le PrinceâŠ, op. cit., p. 8). Une autre mazarinade considĂšre que « la fin de ce malheureux Ă©crit » est « une semence Ă©ternelle de guerre » puisque le libelliste en dĂ©clarant le salut dĂ©pendant « de lâunion de tous et non dâune neutralitĂ© » invite Ă se battre contre Mazarin (Les voies de la paix, op. cit., pp. 9-11). [↩]